RIFLESSI
D' Antonio Corsi et Regina Brunoni


Monologue en un seul et unique acte

Interprété par Antonio Corsi
Mise en scène de Regina Brunoni

Le rapport mère-fils s'anime entre les murs domestiques pensés pour Riflessi, en prenant toutes les formes et les couleurs de la dualité humaine. La maman-femme, reine-esclave de la maison, se défait de son obsession de femme au foyer et se dévoile en redécouvrant les sensations perdues dans l'illusion de la jeunesse.

Le fils-homme, embrasse pour ensuite abandonner le projet maternel pensé pour lui-même, à la découverte de son individualité qui l'éloigne inévitablement d'elle.

Tous les deux, ensemble, vivent ainsi des hauts et des bas qui marquent les passages d'une vie qui est en train de changer et une autre où l'on ne peut plus revenir en arrière.

La narration n'a plus besoin de mots comme forme de communication verbale. On reste à l'écoute du corps.

Dans une pièce, devant le miroir, au beau milieu des occupations de tous les jours, les figures de la mère et du fils s'alternent. Ils se cherchent, se poursuivent, même s'ils sentent la présence l'un de l'autre.

Comme tout être humain, tous les deux sont extrêmement sérieux et respectueux d'eux-même, mais ce n'est pas pour cela qu'ils s'octroient des moments de liberté, jusqu'à l'intime dérision de leur drame.

 
16-30 Juillet à 19:15
 

“Une fois ma mère m'a dit
“Voilà, fais un garçon et il quitte la maison quand tu en as besoin”. Puis, je l'imaginais derrière une énorme quantité de vaisselle à laver. Elle, avec ses gants et son éponge occupée dans un travail qui serait utile jusqu'au prochain dîner.

Ma mère était également celle qui disait que j'aurais dû quitter la maison, que j'aurais dû trouver un travail sûr et si possible finir sous les armes, que là bas personne ne m'aurait licensié. Et c'est ainsi que j'ai fait: j'ai étudié, j'ai obtenu un master, et maintenant je fais semblant d'être un militaire. Puis il est arrivé qu'un jour ma mère m'a téléphoné et m'a dit “Mais tu ne rentres jamais à la maison?” “Je ne peux pas, je suis loin.”

Elle, elle aurait voulu faire autre chose qu'être maman toute sa vie, moi je voudrais ne pas me sentir coupable d'être le fils que je suis.

Puis un jour je rentre à la maison et je comprends que ce n'est plus chez moi et que tout ce que j'aurais dû donner à ma mère je n'aurai plus l'occasion de le faire.”


Antonio

 

“J'ai vu ce qu'A avait dans les mouvements
de son corps, dans ses gestes, imprimé sur son visage humide de larmes.

J'ai reconnu dans son énergie le désir de chacun de nous de comprendre et d'analyser l'énigme du lien parent-enfant, pour découvrir ensuite qu'il est souvent inévitable de le laisser non-résolu et de s'abandonner aux émotions, même basses, qui dans le lien du sang changent et se transforment, par rapport à l'espace et au temps.

Son vécu m'a complètement envahi avec une force inouïe, me permettant de réaliser qu'en réalité il n'était pas si différent du mien et en m'offrant un matériel précieux auquel donner forme.

Quand notre travail était encore dans sa phase initiale j'ai senti sur la peau la croissance dans le “nid”, le détachement des racines, le retour de l'enfant d'un côté et la routine, la frustration, le souvenir du passé de la mère de l'autre. Continuer à travailler dessus a été un passage obligatoire pour compléter le processus salvateur que nous avions déjà mis en route.

C'est pour cela que j'ai accepté sa proposition de faire vivre cette exigence sur scène.”
Regina

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